Revue de nos spectacles en Avignon !


Mardi 17 juillet 2012

Revue de nos spectacles en Avignon : le bouche à oreille !

                Il y a quelques années, nous aurions vu deux, voire trois spectacles par jour. Aujourd’hui, l’âge sans doute, ou plutôt la sagesse, oui, c’est cela, la sagesse, nous a conduit à n’en voir « que » six en huit jours. Mais, nous n’en regrettons pas beaucoup parmi ceux-là :   un seul en fait.

Et puis, Avignon, ce furent des surprises, une cure de jouvence, des lectures, de pièces aussi, nombreuses (nous en ferons quelques articles), et des hasards heureux.

Commençons donc par notre programme, chronologique, puis je l’élargirai au bouche à oreille, mais, de « source plutôt sûre »...


·       En Travaux, de Pauline Sales par le CDR de Vire (Basse Normandie), le Préau. Mise en scène de Pauline Sales elle-même. A la Manufacture 18h30.
·    Ana Non, d’après le roman de Agustin Gomez-Arcos. Adaptation et mise en scène de Gérard Vantaggioli. Au chien qui fume 17h20.
·      Petits Crimes conjugaux. De Eric-Emmanuel Schmitt. Par la compagnie Roseau Théâtre. Mise en scène de Marie-Françoise et Jean-Claude Broche. A l’espace Roseau 20h30.
·     Roméo et Juliette de Shakespeare. Par la compagnie le Vélo Volé. Mise en scène de François Ha Van. Au théâtre de l’Oulle 18h10.
·      Les Misérables. Une adaptation du roman de Victor Hugo par Véronique Boutonnet de la compagnie Bouffon Théâtre. Mise en scène de Richard Arselin. Au Buffon Théâtre 16h55.
·       MarieTudor de Victor Hugo. Par la compagnie 13. Mise en scène de Pascal Faber. Au théâtre de l’Oulle 14h15. Notre avis détaillé, ici !

Je ne vais pas vous fatiguer avec de longs laïus sur nos plaisirs ou déplaisirs à voir ces spectacles. Simplement, un avis concis sur chaque. Je détaille dans un article à part, le Marie Tudor. Pour des raisons que vous découvrirez dans ledit article. Quant à celui que nous fuirions si nous devions refaire nos choix : Ana non ; la raison en est simple : c’est lent, mou, pénible et, plutôt mal joué. Seule la comédienne qui joue Ana a surement un potentiel, mais mal exploité. La pièce est inintéressante, vaine.

Il nous en reste donc quatre, que nous avons aimées, pour des raisons différentes, mais suffisantes, et largement, pour être conseillées :

En travaux : bien écrite, bien jouée, très bien jouée même. La pièce parle de notre époque. Les deux personnages sont en nous, c’est sûr, avec des proportions variables, mais ils nous parlent, nous bousculent. Allez-y, voilà tout. Anthony Poupard joue dedans, il nous a déjà gratifiés d’une interview, ici. Quant à Pauline Sales, l’auteur, nous parlons de sa pièce ici. Et, à la rentrée, nous publierons une interview d’elle. Appelez pour réserver, car c'est complet. Plusieurs jours à l'avance d'ailleurs : 04 90 85 12 71

Petits crimes conjugaux : la pièce est très bien jouée, avec beaucoup de finesse et de générosité. De très beaux moments. Petit bémol : ils ne sont que deux, et, ce théâtre psychologique s’essouffle un peu au bout d’un temps. L’impression d’utiliser encore une fois la ficelle de la scène d’avant s’impose vers le milieu de la pièce. Je pense que c’est lié à l’écriture. Les comédiens, eux, sont irréprochables. A mon avis, une petite coupe au deux tiers ne ferait de mal à personne ! Passés ces instants de redondance, vous ne regretterez pas d’y être allé. Nous y avons croisé l’auteur en personne qui venait assister à la représentation de sa pièce : Monsieur Éric-Emmanuel Schmitt était juste devant nous au troisième rang. Très sympa et très simple. Il s’excusait de nous boucher la vue. Il est assez costaud, et nous ne sommes pas très grands. Pour la peine, nous lui avons demandé un autographe. Ça, c’est fait !

Roméo et Juliette : Ah, la jeunesse ! Histoire vue et revue, je n’ai pas résisté pourtant à l’envie de la voir encore une fois. C’était risqué, on la connaît par cœur la chanson. Eh bien, non, aucun problème en fait, c’est super bon ! Ils sont jeunes, pleins de vie, de candeur, d’énergie, de fougue, bref, parfaits pour le rôle, que dis-je, pour les rôles. Un bon moment en perspective. A ne pas rater, donc. J’allais oublier, la musique Tzigane accompagne ce super boulot. Frissons garantis…

Les Misérables : comédie musicale dans un théâtre de poche. Eh bien, ça rentre ! Ils parviennent à jouer, chanter, jouer de la musique, bouger, rouler, et faire plein de personnages dans un espace réduit et avec un super dynamisme et une belle générosité. Un beau moment pour toute la famille. Ils méritent une scène plus grande. L’atmosphère, le ton de Hugo, et surtout son propos, sont rendus. Ils ont composé les musique, les chansons, et la comédienne a adapté le roman pour en faire un spectacle : bravo, c’est très réussi !


Les ragots, à présent. Même si je n’aime pas trop le principe qui consiste à parler d’un spectacle que l’on n’a pas vu soi-même, ce qu’on entend dire sur Avignon résonne pourtant souvent juste, alors, jouons un peu de ce jeu, et assumons (On dit « le bouche à oreille », s’il vous plaît. Et, il est souvent fiable…)

·         Dans le IN : Rien ne nous intéressait vraiment, donc, nous n’avons pas faire d’efforts. Cependant, il semble que le spectacle de Sidi Larbi Cherkaoui, Puzzle, soit une pure merveille. Par contre, mais ce n’est pas rédhibitoire, c’est de la danse et non du théâtre. Certains diront, de la danse-théâtre. Il n’empêche, ce serait super. Il se joue encore jusqu’au 20 juillet, à la carrière de Boulbon (endroit superbe et magique).

Simon McBurney, l’artiste associé du festival, ne produirait pas un spectacle bouleversant avec Le maître et Marguerite. Au mieux, intéressant. Peut-être s’adresse-t-il à une élite, reste à savoir laquelle…

Christoph Marthaler : My fair lady. Un laboratoire de langue, est à éviter. Ne me demandez pas pourquoi… je crois seulement que là, c’est clair, il s’adresse à une élite. Je ne saurai bien évidemment toujours pas vous dire laquelle… mais, ce qui est sûr, c’est que c’est sûr… comprenne qui pourra…

Arthur Nauzyciel, avec La Mouette de Tchekhov nous donne un très beau spectacle, a priori. A voir donc. J’ai des antennes, car le spectacle n’est pas encore commencé. Non, non, n’insistez pas, je ne citerai pas mes sources… (Ce spectacle commence le 20 juillet dans la cour d’honneur)

Personnellement, je serais curieux du spectacle d’Ostermeier, Un ennemi du peuple de Ibsen (Il commence demain, le 18 juillet). C’est souvent bien Ostermeier, même si son dernier Ibsen, Hedda Gabler, m’a beaucoup déçu.

Enfin, nous avions hésité à aller voir Stéphane Braunschweig avec son Pirandello, Six personnages en quête d’auteur. Il se joue au Cloitre des carmes encore demain et après-demain. Si quelqu’un l’a vu, n’hésitez pas à poster des commentaires ici. Je crois que j’ai déjà des regrets… En tout cas, aucun écho.

·         Dans le OFF : Bon, par où commencer ? Les regrets. En bref, les trucs dont on est quasiment sûrs que c’est bon.

Flamenco pa mi Granà, par la compagnie Flamenco Vivo. Au théâtre de l’Oulle à 20h30 (19, place Crillon) jusqu’au 28, relâche le 20. En général, c’est le seul spectacle de danse que l’on va voir en Avignon. Mais, on s’arrange pour ne pas le rater. Cette année, il fallait faire des choix. Et puis, on a aussi été des paresseux un peu. Alors voilà, c’est très simple, si vous voulez chialer malgré vous, sans savoir pourquoi, avec l’impression que cela vient de loin, de très loin, de très profond, allez-y. Même les hommes sont bouleversés… On fait moins les malins quand on sort, c’est tout. Ceux qui ont déjà vu du Flamenco, du vrai je veux dire, savent de quoi je parle. Les autres, allez-y d’abord, on en reparle ensuite. D’ailleurs, il y a un autre spectacle de Flamenco, Al Andalous Flamenco Nuevo (collège de la salle à 19h15), qui semble aussi énorme, sinon plus que celui dont je vous parle. Dans le premier, il y a deux danseurs, dans celui-ci quatre, et parmi les meilleurs du Flamenco d’aujourd’hui. J’en conclus donc que ça doit être magnifique. Si certains sont allés à l’un ou l’autre, merci de poster ici des commentaires, je serai ravi d’en entendre parler.

Imagine-toi, de et avec Julien Cottereau (Buffon Théâtre, 18 rue Buffon, à 18h40). C’est sûr, c’est bon ! On l’a vu à Paris il y a deux ans. Son spectacle tourne depuis 2006. Molière 2007 de la révélation théâtrale (mérité). Il tourne depuis sans arrêt, fait salle comble, en Avignon entre autre. C’est magique, poétique, drôle et fin. C’est une sorte de clown, sans mot. C’est aussi une sorte de mime. C’est encore une sorte de comédien, sans parole. Bref, pas un mot, mais que d’émotions. C’est tout simplement beau. A ne surtout pas manquer ! Il faut réserver, sinon, retour chez vous : 04 90 27 36 89

Dans le même lieu (Buffon théâtre), Prosper et George (Prosper Mérimée et George Sand) de Exclamation Productions. L’histoire de l’idylle entre eux. Courte, mais intense semble-t-il. Les réactions des spectateurs à la sortie me font le suggérer. Les critiques nombreuses et positives de la presse aussi. Ainsi que « Mais n’te promène donc pas toute nue ! » de Feydeau par La compagnie du Théâtre de l'instant volé, pour exactement les mêmes raisons, avec en plus, des critiques non seulement nombreuses des grands journaux, mais dithyrambiques !

Vous en voulez encore ? Alors voici un florilège de spectacles très certainement bons, voire, excellents : Marsiho, d’André Suarès, par Philippe Caubère (A 20h00 au théâtre des Carmes André Benedetto). Le Grand, le Magnifique, le Sublissime Caubère. Je n’y vais pas par quatre chemins, honte à qui n’a pas vu Caubère en scène. Je vous passe les épisodes d’Ariane, tous mortels (trouvez-les en dvd, c’est génial, je répète, GÉNIAL, ça va, vous avez compris ?). Nous l’avons vu jouer au Chêne noir, je crois en 2010, sa reprise de Claudine et le théâtre. Ceux qui l’ont vu en 2000, à la création à la carrière de Boulbon, en sont encore tout émus. Et pourtant, il ne savait même pas encore son texte par cœur, sa femme le lui soufflait parfois ! Rendez-vous compte, et le public était conquis ! Je ne sais pas ce que vaut ce nouveau spectacle, mais c’est un sacré monsieur. A essayer, au moins pour rencontrer la légende Caubère.
Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de Ziggy Stardust, de et avec Renaud Cojo. Un OVNI génial. Sur le mythe, la création de ce personnage qu’est, qu’était plutôt, Ziggy Stardust. Apparemment, un super travail né d’un vécu très original. Il joue aussi en alternance (jours pairs, jours impairs), Plus tard, j’ai frémi au léger effet reverbe sur i feel like a group of one (suite empire). 14h45, la Manufacture.
Le Boxeur, de la compagnie Troupuscule Théâtre (A l’Alizé). Alors là, c’est que du bouche à oreille. Mais, ce n’est pas le premier écho que j’en ai, donc, donc, donc,… de plus, les soutiens à la création sont nombreux, c’est aussi un très bon signe de qualité.
Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb, par ID Production et Cie Théâtre des Hommes, dans le même théâtre et à la suite du boxeur (A 20h00). Même pas le bouche à oreille, le feeling. Les critiques sont très bonnes aussi, excellentes même.


Si ça ne vous suffit pas, et bien redemandez-en, j’ai quelques autres propositions à vous faire. Pour ceux qui sont sur Avignon, et si vous pouvez vous connecter, n’hésitez pas à partager vos coups de cœur, le festival bat son plein (il ne se termine que le 27), cela peut inspirer, guider, orienter et surtout, émouvoir, d’autres festivaliers en manque d’émotion forte, ou en manque d’idées de spectacles. Quoique, avec 1200 spectacles par jour, il faut vraiment être d’une mauvaise foi sans nom pour dire que les idées manquent. Par contre, les bonnes, sont toujours plus difficiles à dénicher… Au fait, n'oubliez pas Marie Tudor à l'Oulle. Je poste un commentaire sur ce spectacle demain, c'est grandiose, ni plus ni moins.

Bon festival pour ceux qui y sont, bonnes vacances pour les autres. Les vacances, cependant, sont meilleures en Avignon !

Richard

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