Teaser : Le Fils du Boucher



Vendredi 5 octobre 2012

Nos écrits
Teaser

C'est comme ça qu’on dit en Amérique ! Alors je vais essayer de vous « teaser », de vous faire baver à l’idée du prochain feuilleton théâtral d’Il Teatro.

L’histoire commence dans le sang… ensuite, elle continue dans le trouble et l’angoisse du héros. Quant à la fin, c’est terrible. Alors, ça donne envie, non ?

J’ai mieux : le héros est une femme. N’ayant pas respecté la parité dans le feuilleton précédent (Damien le Nouveau), même si je pense que Morgane était une très belle héroïne comme on n’en fait plus (non, non, mes chevilles ne gonflent pas ;-)...), non seulement une femme est à l’honneur ici mais il n’y en a que pour elle, pratiquement. Je tente ici de séduire les filles bien sûr, dans leur projection sur Élisabeth. Eh oui, elle s’appelle Élisabeth. Mais aussi les hommes. Messieurs, vous pouvez l’imaginer comme la femme de vos rêves, le rôle n’ayant pas encore été créé, profitez-en, tous les espoirs sont permis…


Dernière chose, je ne voudrais pas vous mentir sur la marchandise, ce n’est pas une pièce comique. Je sais, ça n’aide pas en ces temps de crise. Vous avouerez qu’un bon policier n’est pas une farce. Quoique…

Pour être très honnête, je crois qu’on peut parler de tragédie policière, ou quelque chose dans le genre. Et puis, ce n’est plus à moi de qualifier ces trois actes qui vous attendent, mais bien vous ! Le teaser est fini, bon feuilleton, n’hésitez pas à faire part de vos commentaires au fil des épisodes. J'espère que vous prendrez du plaisir à le suivre. Voici, Mesdames, Messieurs...

Le Fils du Boucher


Personnages

Élisabeth, la trentaine
François, journaliste, la cinquantaine
Melikian, enquêteur privé, la cinquantaine
Un lieutenant de police, la trentaine

Des policiers
Un voisin
Un corps

ACTE I

Scène 1

Le soir, dans un petit appartement. Une femme est couverte de tâches de sang sur sa chemise de nuit. Elle tient un couteau sanglant.

La femme : Qu’ai-je fais… Mon Dieu, qu’ai-je donc fait ?...

Elle laisse tomber son couteau. Elle est immobile et hallucinée. Elle bouge un peu mais se bloque tout de suite.

La femme : Il n’allait pas le faire, peut-être qu’il n’allait pas le faire après tout ? Comment je pouvais savoir ? Oh mon dieu pardonnez-moi, je ne voulais pas faire le mal que l’on m’a fait, oh mon dieu croyez-moi, je vous en supplie, je sens que je vais être seule, si seule… Oh ma mère que je voudrais que tu me sers dans tes bras à l’instant, me réconforte, me caresse doucement les cheveux et me dise « ne t’en fais pas ma chérie, maman s’occupe  de tout… »
-          « Pourtant j’ai fait une bêtise maman… »
-          « Oui ma fille, mais je t’aime si fort, tu es pardonnée parce que tu le reconnais »
-          « Oui mais je dois avoir une punition maman… »
-          « Oh ma fille, nettoyons cette bêtise déjà, puis nous verrons ce qu’il convient de faire… »
-          « Bien sûr maman, tu sais toi, ce qui est juste… »

Elle tombe à genoux. Elle tend les mains vers le corps, ne sachant trop quoi faire, ni par où commencer.

Allons, courage, ne faisons pas honte à maman…

Elle tire le corps avec beaucoup de mal, et parvient à le traîner sur deux ou trois mètres. Lorsqu’elle regarde son œuvre, elle voit que le sang se répand et qu’elle l’étale sur le parquet.

Oh non, c’est pas vrai… mais c’est pas vrai… Réfléchissons, voyons, réfléchissons…

Elle commence à paniquer. Elle va à droite, à gauche. Elle bouge plus pour ne pas penser que pour vraiment être efficace. Elle finit par revenir avec un grand plastique pour protéger lorsque l’on peint. Elle l’étale. Elle commence à essayer de le tourner sur le côté lorsque l’on frappe à la porte.

Un homme : Élisabeth ? Ça va ?... Elle reste pétrifiée, n’osant plus bouger. Élisabeth ? … Il frappe de nouveau. Lise ! Tu vas bien Lise ? Il frappe plus fort.

Élisabeth : Oui, oui François, tout va bien, je me suis fait peur dans le noir, je suis tombée, mais maintenant tout va mieux, je reprends mes esprits…

François, la coupant : Tu es tombée, c’est ça ? Ouvre-moi que je t’aide, tu peux t’être fait très mal.

Élisabeth : Non, non, ça va je t’assure, ça va, tu peux rentrer chez toi, merci, François de t’inquiéter.

François : Je ne dormais pas, et j’ai entendu des éclats de voix, puis ce grand bruit sur le parquet… Si tout va si bien, ouvre-moi donc pour me rassurer, et je me fous que tu en aies envie ou non, je te préviens, si tu n’ouvres pas, je ne te lâcherai pas… Alors ne me force pas à aller chercher les pompiers et ameuter la police, je suis prêt à le faire…

Élisabeth : Non, non, surtout pas, tout va bien je te dis, simplement je ne suis pas,… dans une tenue descente pour t’ouvrir, tu comprends…

François :  Eh bien, si tout va si bien, tu peux quand même aller chercher ce qu’il faut pour m’ouvrir et que je m’en assure de mes propres yeux, veux-tu ?

Élisabeth : Non ! Non, justement je ne veux pas, alors laisse-moi s’il te plait, je passe demain matin, promis, je te raconte tout….

François : Il t’a violentée, c’est ça, et tu ne veux pas m’en parler, tu veux encore le couvrir ? ….

Élisabeth : Non, je t’assure, non, c’est … fini avec lui, … définitivement je crois, donc ne t’en fais pas, laisse-moi, me recoucher, je suis fatiguée et je veux rester seule.

François : Pour te taillader les veines comme une grande dans la baignoire ou ailleurs, non, non, tu m’ouvres un point c’est tout…

Élisabeth : Écoute, je t’assure, vraiment, que c’est bon, que…

François : C’est absolument non-négociable ! Tu veux que je commence par un scandale ? Je hurle à la mort, je préviens les voisins, après j’appelle les flics, puis les pompiers, il est hors de question que je te laisse ainsi, seule, abandonnée à toi-même, c’est hors de question ! Tu entends ? HORS DE QUESTION !

Élisabeth, en essayant pathétiquement de tirer encore le corps sur le plastique, maladroitement : Oh François, je t’en prie essaie de comprendre, ce que je viens de vivre…

François : Je comprends parfaitement, et c’est conclu : Tu m’ouvres ! Tu as deux minutes pour te rendre descente en allant te chercher un peignoir. J’attends et j’écoute à la porte, alors tu te bouges s’il te plaît, tu me remercieras plus tard !

Élisabeth : François, vraiment, c’est inutile, tu me fatigues, tu comprends. Tu deviens chiant là, et lourd ! Tu comprends ces mots ? Chiant et lourd. Je viens de subir l’autre, vous n’avez décidément pas pitié de moi, vous faites chier là…

François : Oui, oui, c’est ça, je suis chiant, pas de problème, 1 minute et 20 secondes, avant que la Terre entière soit convoquée…

Élisabeth, hors d’elle : Pour la dernière fois, lâche-moi, François, laisse tomber, TOUT VA BIEN, putain, t’es sourd ou quoi ? Tu veux un procès pour harcèlement ?

François : Ça doit être ça, je te harcèle… Tu sais que tout ce que tu me dis me fait penser que t’es peut-être en train de te suicider là. Vouloir m’expédier à ce point, c’est la pire des stratégies pour me faire partir. Tu dis, en fait, n’importe quoi, tu n’es pas toi-même, je suis très inquiet, tu es excitée, exaltée même, ouvre s’il te plaît. Une minute Lise, Une.

Élisabeth, se levant, à bout de force, se dirigeant vers la porte, s’essuyant les yeux, le visage, mêlant ses larmes avec du sang sans qu’elle s’en rende compte, résignée : Écoute François, j’ai quelque chose…

François, la coupant : Trente secondes, Lise, trente…

Élisabeth, complètement hors d’elle, hystérique, puis retombant à genoux : ARRÊTE ! François putain, arrête ça, nom de Dieu, arrête, tu fais chier François, tu fais vraiment chier putain… Elle termine sa phrase en sanglot, les bras ouverts vers le ciel Arrêêêêête, je t’en supplie, oh je t’en supplie François, je te le demande à genoux, écoute-moi, s’il te plaît, oh s’il te plaît …


2 commentaires:

  1. Ce sont mes commentaires sur Morgane qui vous ont fait choisir un héros féminin ? ^^
    En tout cas, vous avez réussi : j'ai autant envie de connaître la suite que pour Damien le Nouveau (et pourtant c'était pas gagné, étant donné mes goûts) !

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  2. Consciemment ou inconsciemment, vos commentaires n'y sont pas pour rien, en effet..
    J'espère vous tenir en haleine pendant ces six ou sept publications à venir. Cela semble bien commencer, tant mieux.
    Je publierai des passages un peu plus long, ce n'était qu'un "teaser".

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