Le Journal d'Anne Frank



Dimanche 4 novembre 2012

Nos sorties 

Le journal d’Anne Frank

Frisson au début, émotion à la fin. Entre les deux ?
Si vous avez deux minutes, voyons cela…


L’histoire tout d’abord

Otto Frank, à la fin de la guerre, revenu des camps, vivant, attend l’hypothétique retour de ses deux filles : Margot et Anne. On sait ce qu’il en est…

 Il va alors découvrir qu’Anne a tenu un journal et que ce journal est là. L’amie allemande de la famille Frank qui les avait cachés pendant deux ans avec une autre famille et un dentiste, conservait des affaires de leur passage. C’est en les lui rendant qu’elle aussi découvre ce journal. Elle ne souhaite pas le lire. Pas encore. 

Lui, par contre, s’il hésite au début, ne tient pas longtemps devant son écriture si vivante… La suite, au théâtre Rive Gauche jusqu’au 31 décembre…


Mon avis

Dès le début, le ton est donné. Francis Huster le donne ce ton. Il est très juste, très sobre. Pas de fioriture, pas de pathos. On sent que ce rôle lui tient à cœur, le touche profondément. Et il l’honore tout au long de la pièce. Impeccablement.

Le reste de la distribution est aussi à la hauteur. Notamment Anne, vive, brillante, pleine de fraîcheur et piquante. Peut-être un peu de sur jeu de ci, de là, pour certains rôles secondaires. Mais, passons, c’est pour la bonne cause…

Le tremplin du début n’est pas utilisé dans la foulée pour lancer la pièce sur des rails qui auraient pu être grandioses. Le ton est juste, l’engagement honnête, la mise en scène propre. Cela va même au-delà parfois. Parfois seulement. Le grand souffle qu’on devinait, la promesse qui semblait tenue dès l’entrée en scène d’Huster, ne se retrouvera qu’à la fin. La dernière scène, en guise de passage de témoin, touche en plein cœur. Simple, dépouillée, elle fait mouche.

Entre les deux, on ne s’ennuie pas vraiment, mais on n’est pas transporté non plus. Quelques voisins ont des absences ponctuelles. Rien de bien grave, un petit moment d’assoupissement. Et moi, je les regarde. Et puis, ça reprend, ça rebondit. On suit sans déplaisir, sans se forcer non plus.
L’écriture est bien menée (Éric-Emmanuel Schmitt. Eh oui, encore lui), mais, il me semble qu’elle faiblit un peu parfois. Qu’elle s’écoute bavarder, gentiment. Nous berce. Et les comédiens n’ont alors que l’énergie pour tenir la scène.

Ce spectacle nous touche finalement, et c’est ce qu’on en garde je crois. 

L’esprit d’Anne Frank est bien parmi nous. Et le temps m’a paru un peu plus court que ce que je pensais, même avec des moments faibles. Je suis donc, sans doute, un peu exigent. Mais, la promesse du début avec Huster nous laisse sur notre faim. On s’était pris à espérer un spectacle magique, porté par le souffle de la liberté d’Anne Frank. A-t-on jamais été aussi libre en étant aussi enfermé ? Et, jusqu’au bout, elle aura soif de vivre et de cette liberté. Anne Frank a aimé sa vie tant qu’elle lui fut donnée. Un petit goût de frustration me reste donc sur le cœur. Une ambition aussi forte et son avant-goût laissent forcément  dans l’attente d’un bouleversement. Un pincement, une petite larme furtive, c’est bien déjà. Mais, le renversement des digues, les barrières qui lâchent, les questions qu’on ne se pose plus, bref, le tsunami théâtral, ce n’est pas pour cette fois.

Les spectateurs ont bien réagi je trouve : plusieurs rappels justifiés mais pas de bravos ou de « standing ovation » exagérés.

Allez-y ? OUI !


2 commentaires:

  1. Vous aussi ? Ce n'est pas possible, j'ai de plus en plus l'impression que c'est un complot des blogueurs-théâtre de tous aller voir ce spectacle et de me laisser toute seule morte d'envie devant mon écran... Cela dit je crois que vous êtes le plus mesuré.

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    1. Il faut croire que c'est un succès en effet. Je vous souhaite de le voir. Cependant, il me parait difficile d'y voir une grande pièce, ni par l'écriture, ni par la mise en scène. C'est un beau moment, une jolie représentation. Et puis, allez-y ,bousculez vos amis, vos proches, faites-vous inviter, ainsi nous pourrons en reparler.;-)

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