Ne m'oublie pas !

Samedi 23 mars 2013
Nos sorties



Pas vraiment du théâtre. Ni de la danse, ni du mime, ni de la magie, ni des marionnettes … Un peu de tout ça. Beaucoup de Philippe Genty surtout : Ne m’oublie pas !

Je crois que je n’oublierai pas. Pas tout. Des images fortes sont déjà gravées, d’autres ne tiendront pas c’est certain, mais l’essentiel restera.

Un mot pour en parler ? J’hésitais, j’en voulais deux, finalement je crois pouvoir rester sur « poétique ». C’est un peu une facilité, peut-être, mais il me semble que c’est le plus proche de l’univers de Genty.

Chacun, donc, y verra ce qu’il souhaite y voir. Pour ma part, j’ai le sentiment que deux choses le taraudent : premièrement la dualité que tout être humain porte en lui. Ensuite, l’amour, et son impossibilité, en tout cas sa difficulté d’être.

La dualité, le jeu de rôle, les paradoxes, voire les contradictions de l’Homme, sont présentes dès le début du spectacle, au travers des marionnettes. Une constante chez Genty. Le double de chacun. Son fardeau aussi, d’une certaine façon. Car, il faut le porter. Du complice, du jumeau presque, jusqu’à l’ennemi qu’on jette et la croix qu’il devient, la marionnette sert à tout. A fantasmer, même …


L’amour avec son double, avec soi d’abord et puis avec l’autre. Pas facile. On se cherche, on se trouve, puis on se recule un peu, beaucoup. On finit ensemble, mais quel parcours. Genty parle de l’amour de l’autre aussi, de  son altérité.


Le fou qui dérange est un singe. On croyait en descendre, mais, il semblerait que ce soit plutôt le singe qui descende de l’homme : un accouchement original nous en fait la démonstration …



Bref, vous l’avez compris, quel que soit le thème, quelle que soit la situation, une forme absurde de la vie accompagne tous les moments du spectacle. Celui-ci nous emmène dans ses délires, très construits, architecturés même. L’esthétique vient nous pousser au rêve. De simples procédés, comme de grands tissus légers, permettent des apparitions, des disparitions magiques et surprenantes. On aime, on flotte dans le spectacle comme ce bout de tissu, on glisse comme les comédiens et les décors. Tout bouge sans heurts véritables. Une sorte de fluidité permanente nous berce, malgré des scènes très dynamiques, très physiques. Les transitions surtout, sont extrêmement précises et invisibles. On passe d’un moment à un autre, d’une humeur à une autre, sans toujours bien comprendre comment, mais l’on s’en fiche, la suite est là, déjà, qui se vit. Vous saisissez à peine ce qui s’est passé que l’histoire se déroule sous vos yeux et vous oubliez qu’il y a eu un changement.

Voici le deuxième mot que j’hésitais à employer : magique. Mais, c’est nous renvoyer à trop de clichés qui ne correspondent pas à cette aventure décalée. Poétique demeure mon dernier mot. Merci Monsieur Genty.

A voir alors ? Bien sûr !

« Ne m’oublie pas » de la Compagnie Philippe Genty :

Du 18 au 20 mai 2013 à Dijon
En juin, ils seront au Brésil ;-)
En août en équateur …
Dijon est un peu votre dernière chance … de les voir en France. Ils tournent dans le monde entier plusieurs spectacles  (La pelle du large / Voyageurs immobiles) et répètent déjà les prochains spectacles.

Richard

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