La Question du Temps posée à Il Teatro...

Samedi 2 mars 2013
 



Etonnant. Je participe, nous participons, à un évènement inter blog organisé par Des Livres Pour Changer de Vie. Sur un sujet a priori décalé d’avec le nôtre de blog, très légèrement orienté vers le théâtre…



Il se trouve que le thème m’a fait réfléchir… et que, finalement, le lien existe. Passion, quand tu nous tiens, tu justifies tout. Je vous laisse le découvrir, me donner vos impressions, vos appréciations et, surtout, puisqu’il s’agit du jeu, voter pour celui-ci si le cœur vous en dit : Cliquez ici pour voter pour cet article.




Votre meilleure astuce pour gagner du temps

Certains vous diront que le temps n’existe pas.
Des philosophes aux scientifiques, de Saint Augustin à Niels Bohr, en passant par le plus savant des piliers de comptoir du coin, rarement le plus sain d’esprit d’ailleurs, mais enfin, le plus lucide, selon lui-même, sur notre temps, vous trouverez toujours un érudit pour vous démontrer que le temps n’est pas. Nous, on sait qu’il est dans nos vies, ce temps. Que ce soit vrai ou faux, après tout, on s’en fiche un peu. Il y a le temps de la vie, de notre vie, quoi qu’il en soit… En moyenne 78 ans pour un homme français (pas mal), 84 ans pour une femme française (mieux).

Ceci dit, si vous en aviez un jour le temps, je vous suggère (premier conseil ;-)) d’y réfléchir, car, la non-existence du temps serait une réalité. C’est-à-dire, une forme de vérité, bref le vrai visage du monde qui nous entoure. En clair, comprendre cela serait salvateur, et vous éviterait de mourir idiot. Paraît-il.

D’un autre côté : « Heureux les simples d’esprits, le royaume des cieux est à eux… ». Les croyants vous diront qu’il ne faut peut-être pas chercher à tout comprendre. Et que le temps, pour eux, n’est qu’un bref passage avant l’éternité, c’est-à-dire, un temps où la question du temps ne se pose plus…

Ça va, vous suivez ? Je m’en voudrais de vous perdre, et de vous faire perdre votre temps…

Alors, et si vous êtes toujours en train de perdre votre temps (mais, le perdez-vous vraiment ?) à lire cet article c’est que vous pensez en gagner au bout de celui-ci, et que les obscures options de vie qui consistent à l’ignorer ne vous effleurent même pas, il va donc bien falloir en trouver du temps, quelque part dans nos vies surchargées, dans nos mondes surbookés, dans nos cerveaux encombrés.

Je me propose, et cela m’amuse, de vous délivrer ma plus grande astuce, ma plus belle trouvaille en la matière. Si je m’excite sur le sujet, c’est que cette découverte, cette « astuce », que dis-je, ce petit miracle que je m’apprête à partager, est une récente prise de conscience pour moi, qui m’a ouvert les yeux sur ma vie, et mon temps. Voyez, et jugez-en plutôt.

Je ne suis pas (et ne serai pas..) avare sur le sujet (quoique…), comme vous pouvez le constater pour le moment. J’aime prendre et dépenser mon temps à son chevet, j’y prends plaisir. Car je sais comment le gagner, j’ai l’ASTUCE.

Je prends mon temps, je vous fais trépigner. Je tourne autour du pot, je tourne en rond, j’épuise et étire le temps. Normal pour le roi de l’astuce du temps…

Pour les plus efficaces d’entre vous, je sens que je n’ai plus beaucoup de votre crédit temps, car, alors que l’article vous propose d’en gagner, jusque là, rien, nada, pas l’ombre du début d’une suggestion sur cette astuce pour gagner du temps. Moi, je la connais. Donc, je ne perds rien à attendre de vous faire ma révélation, j’en gagne même (étonnant, ça, non ?), de vous faire mariner dans votre jus.

Et je sais aussi que plus le temps passe, plus l’astuce a intérêt à être énorme, car il va falloir récupérer toute cette lecture, et ce gâchis. A moins, à moins, qu’elle en vaille le coup… Une phrase dans l’air du temps doit comporter « grave ». Je vous la refais : « A moins, à moins, qu’elle en vaille GRAVE le coup… »

J’y viens, j’y viens…

Question :
Ne vous est-il pas venu à l’esprit que, jusqu’à cette ligne, je n’ai fait qu’exposer mon astuce, l’appliquer à un cas d’école ? Bref, qu’elle s’étale sous vos yeux ?

Re-question :
Pourquoi cherchons-nous à gagner du temps ?

J’ai, malheureusement la réponse…

Et j’en suis désolé. Un peu, pas trop, n’exagérons rien. Car, j’ai l’astuce, de toute façon, alors pas d’inquiétude, elle arrive au galop. Je n’ai donc pas d’état d’âme à vous dire la vérité sur cette question. Votre vérité. Pas dix, pas cinq, ni même vos quatre vérités, mais une. Oui, mesdames et messieurs, UNE vérité, si ce n’est LA vérité (à vous d’en juger) sur cette question. Bonimenteur ? Tss tss… mauvaises langues impatientes, quand vous verrez…

Nous y voilà, enfin. Et j’en suis désolé. Encore ? Tout au moins, je commence à l’être. Et, donc, mon temps est désormais compté. Rendez-vous compte, je suis à quelques phrases, quelques malheureux mots de vous dévoiler mon astuce, et d’en finir avec cette article, trop long, trop chronophage (Chronophage : adj. « …qui bouffe du temps »). Quoique…

Je veux gagner du temps, parce que je ne suis pas satisfait de mon présent. Je veux gagner du temps pour l’employer à quelque chose de mieux. Qui m’éclate. Qui me passionne. Donc, ce que je fais tout de suite, lorsque j’écris cet article, lorsque vous lisez cet article, soit m’ennuie (vous ennuie ?) et je perds mon temps (et vous le vôtre ?), soit me plait, et ne compte pas. Voire, me profite. Et donc, je ne cherche plus à gagner du temps. Je fais, déjà, quelque chose de cool.

Après quoi courons-nous qu’il nous faille « gagner du temps » ? Soit nous sommes heureux de cet ici et ce maintenant, alors jouissons-en sans calcul, sans déconcentration inutile, sans chercher à gagner du temps, au contraire pourvu qu’il s’étire afin que ce moment satisfaisant dure, afin qu’il soit plein et nous comble. Soit, il nous ennuie, et il suffit d’en changer. De quitter l’article par exemple. Après quoi courons-nous ?


Vous vivez votre passion ?
Alors, que cherchez-vous à gagner ? Vous avez déjà ce qui vous comble, et le vivrez, sauf accident jusqu’à la fin de vos jours. Il n’y a rien à gagner dans ce cas en cherchant à gagner du temps. C’est même risquer de se priver du plaisir de jouir pleinement de cette passion en réfléchissant alors qu’il n’y a plus rien à remettre en question.

Vous ne vivez pas encore votre passion ?
De deux choses l’une : soit vous y travaillez, donc, vous êtes sur la bonne voie. Chaque chose viendra en son temps, et vous le pressentez sans doute déjà.
Soit vous ne la connaissez pas encore. Alors, pourquoi chercher à gagner du temps ? Pour faire plus de choses, dans une même journée, qui vous frustrent ? Voire qui vous traumatisent ?

Là est la réponse à ma Re-question, et je ne vous raterai pas, car je ne me rate pas moi-même : les gens qui cherchent à gagner du temps ne sont pas bien sérieux. Ils ont abandonné la lutte. Ils ont abandonné de vivre des choses exaltantes qui leur correspondent. Flagrant délit d’abandon de trouver sa voie, sa propre et singulière et unique voie. Celle qui n’existe pas encore puisqu’il faut l’inventer. Celle qui n’est pas dans les pas du père, ou dans le regard des autres, ou dans les guides d’orientation scolaire. Ils s’agitent et donc, ils croient qu’ils sont dans la vie. Ils ne font que se frustrer un peu plus en courant après les choses, en croyant que plus est mieux. Plus de choses faites et vécues en moins de temps, serait un bénéfice dans la vie. Ah oui ?

Je me répète : lorsque je vie ma vie, je n’ai plus de temps à gagner. La question ne se pose plus. Lorsque je ne vis pas ma vie, je cherche à gagner du temps…

Alors, vous voulez une astuce pour gagner votre temps ? Arrêtez donc de le perdre. Que faut-il pour que vous commenciez à écouter votre pouls ? Le décès de vos proches ? Une crise cardiaque pour avoir « gagné votre temps » ? Une prochaine vie ? On ne gagne pas son temps, on en profite, ou on le perd.

J’ai eu un grand plaisir à écrire ces quelques mots, car, ces moments passés à taper sur mon clavier, depuis le premier jusqu’à celui-ci, au bout de mes doigts, je les ai dégustés. Malice, provocation, sincérité, émotion malgré moi et phrases lapidaires un peu méchantes, tous ces mots m’ont fait un temps superbe.

J’espère ne pas vous avoir choqué inutilement, gratuitement, je m’en voudrais peut-être. Je remercie Olivier, l'instigateur de cette proposition de réflexion. Lorsqu’on ne cherche plus à gagner du temps, la seule chose qui compte est la gratitude pour ces moments. Ces moments que, moi-même, j’ai failli rater trop souvent pour avoir couru. Et cru que c’était ma vie. On a le droit de se tromper sincèrement. On a aussi le droit de s’arrêter. Et alors, alors seulement, cette réalité si incompréhensible lorsqu’on croit encore pouvoir gagner du temps, prend tout son sens. Vous savez, celle dont les scientifiques nous parlent. Certains dramaturges. Et les philosophes, et les anciens : « Le temps est une forme produite par la conscience » (Avicenne : 980 - 1037).

Richard

Si vous avez du temps à gagner sur la vie, quelques articles sur la nécessité du théâtre aujourd'hui, dans ce monde qui court, qui court...
 

2 commentaires:

  1. Merci pour cet excellent article ! Non seulement il n'est pas prise de tête, et comme vous nous titillez tout le long on n'a pas envie d'arrêter.
    Quant à votre astuce... J'avoue que j'hésite à la faire lire à mes profs, pour qui notre vie tourne autour des cours ! En tout cas je me suis retrouvée dans votre texte, et ça fait un bien fou. Merci !

    (Juste une petite remarque : nous, à Lyon, on n'utilise pas trop "grave". Plutôt "cher", donc ça donnerait : "A moins, à moins, qu’elle en vaille CHER le coup". En fait je ne sais pas si ça s'utilise autre part en France, mais je me souviens d'avoir dû expliquer à un breton ce que ça voulait dire)

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    1. Bonsoir Minyu, merci pour votre commentaire enthousiaste. "Cher", non, je ne connaissais pas l'expression. En plus d'un breton, vous l'aurez expliquée à un normand.

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