Esquisses en février

Lundi 3 février 2014
Nos sorties
Esquisses à la Chapelle Saint-Louis

Ce jour là nous avions deux esquisses pour le prix d’une. Deux compagnies nous ont présenté une ébauche de leur travail en cours. Leurs points communs : ils sont jeunes, beaux, inventifs, ont une imagination débridée et leur pièce possède un titre à rallonge que vous devez apprendre par cœur si vous voulez vous en rappeler quelques jours après …

L'effet Chrysalide ou la faune des cadavres en décomposition
Mise en texte et auteur Aure Rodenbour

                Cette pièce débute avec un personnage qui soliloque sur l’inéluctabilité de la mort. Celle-ci arrive et surprend chacun d’entre nous à n’importe quel âge, n’importe quel moment, n’importe quel endroit. Ce drôle de bonhomme s’adresse finalement au spectateur et prend plaisir à prédire l’inévitable dans une humeur presque badine. Le comédien apparaît comme un personnage d’Edgar Poe, une lueur sarcastique dans le regard, un sourire machiavélique accroché sur son visage blafard.
                
Mais quel est le lien avec cette femme poisson posée dans une baignoire, et les deux créatures mannequins installées dans des boîtes de papier mâché ? Un homme, une femme pas tout à fait humains, ni tout à fait robots. Ils se mettent en mouvement et se mettent à délirer jusqu’à mimer les plaisirs du sexe sous nos yeux.

J’avoue n’avoir pas percuté, ni tout compris du texte de Aure Rodenbour  à ce stade du travail...

 Peu importe, j’assistais à une représentation débordante d’imagination, avec des images qui évoquaient les créations des artistes du mouvement  « Dada » de la première guerre mondiale


                « Mais que se passerait-il si un jour nous nous arrêtions cinq minutes, et regardions en face nos aberrations ? Cela nous ferait-il fou ? Pourrions- nous continuer ainsi ? » Aure Rodenbour                                       
L’auteur, metteur en scène et comédienne possède un univers bien à elle. Je vous suggère de cliquer sur les liens ci-dessous :


                J’ai passé un moment qui m’a paru très court. Il me reste des images, des flashs, un étonnement, du plaisir...

Brigitte



Il faut parfois se servir d’un poignard pour se frayer un chemin
De Roberto Alvim



                La troupe  M42 constitués de comédiens entre 25 ans et 35 ans se questionnent en ayant choisi un théâtre ancré dans la société dans laquelle nous vivons. Ils souhaitent faire bénéficier au spectateur de pièces contemporaines adaptées ou réécrites. Leur théâtre se veut interactif avec le public, vivant et se doit de questionner les spectateurs. Leurs choix de pièces m’ont fait penser à Dario Fo, eux-mêmes se reconnaissent dans le théâtre Brechtien.
                La compagnie est née en 2010 dans un esprit de partage, et d’ouverture.

                Ils ont choisi de monter une pièce de Roberto Alvim, (35 ans) acteur, dramaturge, directeur d’un  théâtre  au Brésil et auteur d’une dizaine de pièces. Il est aussi professeur d’histoire du théâtre à la Casa das Artes de Laranjeiras. Il vit à Rio de Janeiro. Cet auteur met en scène ses propres pièces aussitôt qu’elles sont écrites

                « Il faut parfois se servir d’un poignard pour se frayer un chemin » dont nous avons vu une esquisse  de 30 mn nous interpelle par son titre à rallonge.  Qui sont les personnages ? De futurs assassins ? Des terroristes ? Des justiciers ? Des militants ?
En fait ils sont un peu tout ça à la fois et comptent mener un combat et leur cellule existera sous l’égérie de Mickey de Walt Disney. Chacun des membres de cette cellule portera un nom des personnages des dessins animés : Minnie, Picsou, Goofy……….

Minnie : Cellule révolutionnaire Club Mickey ! T’as pigé la contradiction, le paradoxe ? C’est  complètement contemporain !
Picsou : La confusion provoquée par le nom…
Miss Tick : Ce n’est pas génial !
Mimie : J’ai une vision : un pays sud-américain, le vide culturel absolu, et un groupe de terroristes déguisés avec des petites oreilles de rat !


                Ce combat va se diriger  contre des stars du Show-Biz. Pourquoi ? Les personnages appartiennent à une génération dépolitisée, prise au piège d’une société où les valeurs de compétitivité et de hiérarchie sociale sont sans cesse mises en avant. La cellule terroriste souhaite atteindre au cœur  ce système à savoir les symboles d’une société corrompue.. Sauf qu’ils ne savent pas qu’ils seront les instruments d’un pouvoir en place. Un membre de l’état et un grand entrepreneur passent un accord : créer un groupe terroriste censé renforcer le pouvoir en place, justifier la création d’une police spéciale et d’une prison de haute sécurité et à terme relancer la croissance.
                
La question posée : Juste ou pas, peut on faire la révolution pour les autres ?

            « La révolution n’est pas une matinée dans une salle multiplex ! Elle doit être réalisée comme une vraie œuvre d’art, une œuvre littéraire, un dessin, une peinture, une sculpture, un geste. L’artiste c’est le terrorisme, l’œuvre c’est l’attentat, parce que le terrorisme est la seule forme d’art possible dans le monde contemporain ! »
                Le collectif M42 a souhaité que : « La pièce soit brutale, comme un électrochoc, ce qui se révèle déjà à la lecture. Elle interroge avec humour et lucidité notre incapacité à faire confiance, notre paresse intellectuelle, notre lassitude, une certaine forme de désespoir. »

Brigitte

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