Paroles d'acteurs

Samedi 15 février 2014
Nos sorties
Et si je me laissais guider pour une sortie théâtre que je n’ai pas choisie ?
Cela s’est passé ce samedi 15 février. Des amis nous ont conviés à une soirée théâtre amateur. Nous ne connaissions personne et nous y avons trouvé ceci : générosité, créativité, professionnalisme, imagination. Nous avons ri, éprouvé de l’émotion, bref nous étions enchantés de notre soirée...

La soirée était découpée en trois courtes pièces, chacune un petit bijou dans son écrin, ce dernier  étant ce joli petit théâtre 123 de Saint Léger du Bourg Denis au bord de la ville de Rouen. Le 123 ne paye pas de mine à l’extérieur, mais une fois que vous y êtes entrés, vous découvrez une scène posée sur du parquet verni avec un espace intéressant pour les comédiens, et une salle où les spectateurs peuvent s’installer confortablement sur des sièges rouges carmin comme la tradition l’impose.

La jardinière des balcons

Rose est une funambule du rire. Elle possède cette qualité rare de vous accrocher le sourire aux lèvres dès qu’elle se met à parler. Jusqu’ au dernier moment elle ensoleille la scène, de sa poésie à la fois lunaire et malicieuse. Elle interagit sans cesse avec son public, public attendri, émerveillé par ses facéties. Il nous prend l’envie de la prendre dans les bras, de la câliner.

Elle joue le rôle d’une femme enfant à moins qu’elle ne soit une souris avec une passion : la nourriture. Elle doit pour mériter sa pitance remplir une mission totalement farfelue : exécuter un tour de force devant le public. La mission imposée se doit d’être spectaculaire. Elle va donc couper une pomme en deux avec l’aide d’un sabre…..Mais, la candide confie sa pomme à son public avant de passer à l’action et la pomme reviendra sur scène pratiquement mangée. Rose se voit dans l’impossibilité d’exécuter son tour. A moins qu’elle n’ait manipulé son monde pour ne pas avoir à exécuter son tour !

L’histoire comme il se doit est simple, naïve. Le public applaudit à tout rompre à cette femme-enfant  évoquant une fleur gorgée de miel. Pendant 20 mn nous avons tourné les pages d’un livre d’enfant et nous avons empli notre cœur d’un jardin fleuri aux mille soleils.


La Parpaillole  souricette
 Dario Fo

En langage provençal  la parpaillole soit   « el parpaiolo » serait un flocon d’où l’expression : « il tombe des parpailloles de neiges ! » Mais en provençal parpaillole serait : «  une monnaie de faible valeur, ayant  cours dans diverses régions dont la Provence.

Quel intérêt peut bien avoir ces définitions suite à ce texte de Dario Fo éminent prix Nobel en 1997, auteur, dramaturge, homme de gauche,  connus pour ses activités antifascistes pendant le seconde guerre ? Son imagination rebelle trouve son inspiration dans des textes justement poétiques  ou des farces initiatiques telles que « La Parpaillole souricette » qui met en scène à la fois des personnages tendres : Giavan l’homme rustre et candide, Alessia la jeune fille qui a perdu sa virginité à cause du terrible prêtre l’horrible « Don Fouine ». Dario Fo nous conte son histoire.

Il serait une fois un homme dénommé Yannick Boitrelle. Il aurait commencé le théâtre, se serait lancé dans l’aventure. Pour ce faire il aurait contribué à la restauration du 123 de Saint Lèger du Bourg Denis. Il nous raconte qu’il aurait effectué les travaux de peinture en son intérieur. Sauf qu’il aurait choisi la non couleur noire qu’il considérait comme celle étant le reflet du mystère théâtre. La Mairie de Saint Léger du Bourg Denis a poussé des hauts cris, il aurait fallu alors réparer ces dégâts sacrilèges.

Yannick Boitrelle a beaucoup joué, beaucoup aimé avoir des aventures collectives théâtrales.
Un jour pour des raisons qui lui sont personnelles il a eu envie de défendre des textes qui lui sont chers, en étant seul en scène : « L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono texte qu’il a emmené à Avignon en 2011.

Dans « La parpaillole souricette » de Dario Fo il nous fait voyager dans un pays imaginaire. Il nous donne à voir les différents personnages de conte poétique, presque biblique. Son énergie, sa générosité et son sourire surtout nous touchent. Il promène son corps émacié sur la scène. Nous nous baladons de l’Eglise au manoir où vivra Alessia, de là nous irons avec Giavan le berger un peu rustre de part la forêt jusqu’au fleuve pour parvenir à la maison de sa belle mère. Il nous fait refaire le chemin inverse et nous découvrons de nouveaux taillis, de nouveaux arbrisseaux. La candeur du non héros Giavan se heurte au méchant Don Fouine. Nous frémissons donc ! Je ne vous dévoilerais donc pas le mystère du titre « La parpaillole souricette » elle est le nœud de l’histoire, la dévoiler serait gâcher le plaisir de la découverte !

Allez voir Yannick Boitrelle, il réconciliera ceux qui n’aiment pas les one man shows, les concerts avec un seul instrument. Allez le voir si vous avez la nostalgie du temps où vos mamans, vos grand-mères vous racontaient des histoires quand vous étiez petits. Alors vous retrouverez les saveurs de votre enfance.

«  Je vis un cancer depuis 2006, je suis debout, même si parfois….Mais ce spectacle est comme une écriture de Giono : un formidable moyen d’être heureux » Yannick Boitrelle

Francis et ses quatre brêles

Ils n’auraient sans doute pas renié cette photo. Ils sont cinq. Quatre musiciens, Emmanuel percussionniste, Fabien celui qui joue sur un drôle d’instrument le didgeridoo, Jeff le contrebassiste et Pascal le chanteur guitariste. Le cinquième c’est Francis, chanteur sans le savoir, comédien qui aime écouter, du Georges Brassens, du Graeme Allwright mais surtout dire du Alain Leprest et du Victor Hugo.

La complicité entre les musiciens et le comédien est palpable, ils nous transportent dans un univers de mauvais-gentils garçons. Francis s’envolent avec les mots, Pascal lui avec les paroles.
J’ai l’impression que le théâtre s’est transformé en un bar où déambulent les fêtards de la nuit. Ils me racontent l’histoire de ce drôle coiffé d’un galurin qui en  a coincé un autre pour lui mettre sa raclée.
Il y a cet autre qui plaque sa régulière en allant nourrir les pissenlits par les racines et sa veuve qui se découvre le goût de l’amour coquin avec l’ancien copain du défunt.

                « Aïe ! Vous m’avez fêlé le postérieur en deux !
                   Se plaignit-elle, et je baissais le front, piteux
                   Craignant avoir frappé de façon trop brutale.
                   Mais j’appris, par la suite, et j’en fus bien content
                   Que cet état de choses durait depuis longtemps :
                   Menteuse ! La fêlure était congénitale. »

Et oui le bougre était puceau, il a découvert l’amour avec la veuve de son copain !



Pour retrouver les dates de tournée de tout ce beau monde : le blog de Continents Comédiens

Brigitte

2 commentaires:

  1. Je n'avais encore point vu cet article, vraiment une jolie prose Brigitte!
    Pour les dates : il est préférable d'aller directement sur le site de ces gens-là ! http://www.compagnieduvoyageurimmobile.com
    Piet

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    1. J'aime beaucoup ton compliment Piet, à très bientôt avec d'autres articles notamment avec nos impressions sur les deux sorties de cette fin de semaine..... Brigitte

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