Sorties

Samedi 23 mars 2013



  

Dimanche 27 janvier 2013



  
Vendredi 28 décembre 2012






Jeudi 27 décembre 2012




Mercredi 26 décembre 2012





Dimanche 4 novembre 2012




Samedi 27 octobre 2012




Jeudi 19 juillet 2012




Mardi 17 juillet 2012




Jeudi 29 mars 2012


- William Shakespeare-
Traduit par une auteure d’aujourd’hui (Line Cottegnies)
Interprétation et vision originale d’une troupe généreuse : « La Piccola Familia » par un metteur en scène talentueux Thomas Jolly.

               Pour Thomas Jolly le rideau de scène ressemble à la voile d’une goélette quand il s’ouvre. Nous, spectateurs avons l’illusion d’une caravelle   s’envolant côté jardin dans un frou-frou aérien, léger, léger, une brise…..Nous sentons la présence de Peter Pan du pays imaginaire derrière ce rideau qui disparaît dans un souffle entre les actes.

Sauf que, après qu’il ait disparu, nous découvrons un monde sombre, tourmenté, chuchotant tels les trois sorcières au début de  Macbeth et …….nous frissonnons !!!

                Nous sommes dans le pays d’Angleterre du temps de l’occupation des Anglais dans notre France qui ne l’était pas ! La guerre entre les Français et les Anglais depuis déjà cent ans.
L’Angleterre pleure son monarque Henry V .Qui va lui succéder ? Déjà les rivalités, les mains se déchirent le pouvoir, autour de cette couronne vacante …
Henry VI est une épopée dans laquelle nous plongeons avec  effarement, délice, enthousiasme !
Nous voyons apparaître successivement des personnages odieux, courageux, tourmentés, effrayants, complexes. Ils sont joués par des acteurs puissants qui ne ménagent pas leur souffle. D’ailleurs  nous sommes essoufflés  nous aussi, le rythme, les enchaînements de la pièce nous tourneboulent, nous emmènent, et nous enfonçons dans l’action avec jubilation.

 



    Notre petit cœur s’emballe face à des tableaux,  vivants et magnifiques. Ils sont tels, qu’ils nous font penser à « La Liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix.  



 



    Ils sont mille dans ces scènes  où Jeanne D’Arc, Talbot, Talbot Junior époustouflants, avec leurs compagnons d’armes se jettent dans les batailles, enfoncent les portes de Rouen ou de Calais !! Jeanne d’Arc pourrait, elle, être  l’une « des Sabines arrêtant le combat » vu par le peintre Jaques-Louis David.

     Les décors changent à mesure, on voyage de la salle du trône du Roi d’Angleterre, à la cour du palais royal, des champs de bataille aux portes des villes de Rouen, Bordeaux pour finir au port et son quai vers l’Angleterre.  Il y a aussi ce lieu un peu mystérieux où Richard Plantagenêt va revendiquer le trône, à partir de sa généalogie qui va se dérouler telle une voile depuis son mât. Les chaises deviennent des montures pour ceux qui partent en guerre. Elles deviendront aussi le bûcher de Jeanne d’Arc. Les surprises s’enchaînent, du jeu des comédiens, aux illusions d’optique. Nous spectateurs, sommes entrainés, d’un lieu à l’autre, d’une ambiance à l’autre, sans avoir eu le temps de digérer ce qui s’était passé avant.
                J’écris mon article deux semaines  après avoir vu le spectacle. Que me reste-t-il : des images, des tableaux, des impressions,  des émotions et encore des émotions !!

Je revois Jeanne immolée par le feu, ce bûcher échafaudé patiemment, cette fumée qui nous enveloppe avec elle, l’enfouit, seul son visage reste. Il nous crie sa douleur. Sa rage et les larmes coulent de sa souffrance. Mon cœur s’est serré, ses larmes ont fait couler les miennes.

   Je revois Éléonore toute droite, lynchée, habillée de blanc immaculée. Elle avance et tourne en rond pendant que ses bourreaux l’assaillent de projectiles, sa robe se tâche de sang. Nous recevons ce lynchage avec elle….Horrible !

    Et enfin ce final ! Suffolk et Marguerite, bouleversants, romantiques ! Ils disparaissent sur la mer, à bord de la caravelle qui les portera dans le fracas des vagues et du vent. Telle Iseult et Tristan, Marguerite vogue vers son futur époux le Roi Henry VI, un fiancé qu’elle n’aimera pas.
Oyez, oyez, allez voir ce spectacle et vous aussi ferez le voyage vers les pays d’Angleterre  et de France à une époque où la fureur et le sang faisaient rage.

Merci à vous tous comédiens, metteur en scène, figurants bénévoles, techniciens de : la  troupe « LaPiccola Familia » pour votre générosité et le plaisir que vous nous avez donné. (Le 12 Mai au théâtre Charles Dullin à Grand Quevilly -l’intégrale)

Brigitte



Lundi 20 février 2012, théâtre des deux rives, Rouen.

Pierre Corneille



L’intrigue
Suréna est le général en chef des Parthes. Son roi, Orode, pour ses loyaux services et s’assurer de son allégeance, lui offre sa fille en mariage. Beau cadeau.

Suréna n’en veut pas, car il aime Eurydice. La fille du roi ennemi qu’il vient, lui-même, de vaincre…

Orode voit les choses ainsi : marier plutôt cette fille vaincue à son fils Pacorus, afin de conclure un mariage politique renforçant cette victoire toute nouvelle. Et donc, de l’autre côté, marier Suréna avec sa fille Mandane, afin de le glorifier et renforcer sa soumission à la famille royale.

Bref, les sentiments de Suréna et d’Eurydice, leurs promesses réciproques de fidélité et d’amour éternel, n’émeuvent personne. Ou plutôt, ennuient tout le monde.

Pacorus tout d’abord, qui voit d’un très bon œil la jolie Eurydice. Il sait qu’elle a un amant, mais il ignore encore qui… Orode surtout, qui compte soumettre définitivement Suréna à ses lois en l’intégrant à la famille royale. C’est un cadeau qui ne se refuse pas…

Pour ceux qui ont tout bien compris, et pour compliquer un peu les choses, la sœur de Suréna aime Pacorus, qui, donc ne l’aime pas. Sinon, on s’ennuierait un brin…

Cela est l’enjeu de la pièce. Je ne vous dis pas la fin : lisez ou allez au théâtre, ou, mieux, faites les deux !!!


Mon avis

La pièce est intéressante, faite de beaux vers. Je pense qu’aujourd’hui, sans trahir ni le propos ni la beauté du texte, certaines longueurs pouvaient être coupées. Ce n’est pas le problème d’être dans l’air du temps et sacrifier à la mode qui consiste à ne conserver parfois que le squelette d’une pièce, c’est simplement faire en sorte que les jeunes aillent encore au théâtre sans penser qu’on s’y endort systématiquement. Et qu’ils y reviennent. Donc, quelques coupes pour resserrer l’action, déjà peu présente, n’auraient, je pense, rien gâché. La langue étant soutenue, il n’est pas utile d’en rajouter dans l’élitisme. Corneille n’est pas de notre époque, conserver l’esprit quitte à perdre un peu la lettre, n’est-ce pas l’enjeu d’une mise en scène moderne ?

Concernant la mise en scène justement (elle est de Brigitte Jacques-Wajeman), et le jeu des comédiens (la compagnie Pandora), mon impression est mitigée. La mise en scène est propre, belle, nette. Ainsi que les costumes. Des moyens sont là, plutôt bien utilisés.

Quant aux comédiens, ils sont bons à n’en pas douter, sauf que, par moments, on n’y croit pas. Ça ne fonctionne pas. Par exemple au début, le grand amour fou vécu par les deux protagonistes principaux n’émeut pas beaucoup. Pas du tout en fait. C’est joué. Ce n’est pas vivant ou ressenti. Ce n’est pas facile à « jouer », c’est vrai…

La vie s’installe lorsque Pacorus apparaît. Il a déclenché les hostilités et a créé l’animation nécessaire pour qu’on y croit. A partir de son intervention, les scènes fonctionnent mieux. Il a boosté ses partenaires, merci à lui ! D’ailleurs, c’est à peu près le seul à transpirer à ce moment là. Bizarre… Comme s’il avait senti qu’il était temps d’envoyer la sauce.
Je ne sais pas si c’est ainsi tous les soirs. Après tout, peut-être que cela fonctionne dès le début parfois. Mais je ne pense pas. Ensuite, quelques scènes où l’honneur est outragé ne sont pas spécialement touchantes, et deviennent presque inutiles. Elles renforcent même, alors, l’idée qu’une bonne coupe ne ferait pas de mal. Enfin, la scène finale, assez belle, manque cependant de vie, et pourtant, la comédienne va chercher ses larmes et les trouve. Donc, merci de ces efforts, la pièce est sauvée. Cependant, considérer cette mise en scène comme une référence, un grand moment d’émotion, ce serait trahir mon ressenti de spectateur.

En clair, il y a du boulot, cela se voit, se sent. On apprécie l’effort mais on dort parfois un peu.

C’est intellectuellement satisfaisant. Les universitaires, les bobos, les intellos qui en sont et ceux qui croient en être, les esthètes, les vrais, les faux, les Trissotins aussi, et les gens comme moi mais un plus jeunes (les gentils qui veulent pas déranger…) apprécieront. C’est propre, assez juste. Il manque un rien de vie, de tripes. Pas grand-chose, mais c’est beaucoup. C’est toute la différence entre « intéressant » et bouleversant. Mon cerveau est à peu près content. En cherchant, en raisonnant, je trouverai plein de bons arguments en faveur de ce travail. En écoutant mon cœur, je sens l’effort d’honnêteté, de respect vis à vis de Corneille. De la part des comédiens, de la metteur en scène aussi.
Mais, mais, mais, mon cœur ne s’émeut pas au-delà de cette reconnaissance, mes tripes à la mode de Rouen sont restées à leur place.

Merci pour ces efforts et ce beau travail. Malheureusement, Je suis avide de tourments. De ceux de l’humanité. Des miens, donc. Sinon, pourquoi me déplacer ? Certaines chansons suffisent à me faire chialer, alors autant rester à la maison. Quant à mon lit, je l’ai toujours préféré à un fauteuil de théâtre pour dormir. Ce n’est pas ce que nous voulons n’est-ce pas ?



C'est beau, c'est très esthétique...




Je crois que cette vidéo illustre bien mon sentiment. Est-ce ainsi donc qu'on joue Corneille ? Peut-être que dans la première scène, jouée vraiment, le cœur n'y tiendrait pas ?
Richard
Les prochaines dates
Paris
Théâtre de la Ville - Les Abbesses  31, rue des Abbesses 75018 Paris
Abbesses - Ligne 12
Du 2 au 7 avril 2012 - 20h30  
Le 5 avril 2012 - 14h30
Prix : de 14 € à 25 €  
Les autres dates en France
Lyon (Les Célestins)
Le 23 mars 2012 - 20h00

Jeudi 9 février 2012
Albert Camus
             Quand je vais au théâtre, je me prépare, je m’apprête, en fait je rends hommage aux comédiens qui me préparent une surprise qui sera ou pas à la hauteur de mes attentes. Je me suis rendue, donc, au théâtre Charles Dullin , belle salle encastrée dans des immeubles de Grand-Quevilly.
La première surprise, fut de découvrir un texte de Caligula différent de celui que je connaissais. J’ai bondi quand j’ai vu apparaître Drusilla, fantôme hagard, la  sœur et l’amour incestueux de ce monarque ambigu et tyrannique. J’ai du attendre le baisser de rideau pour apprendre que Albert Camus avait écrit une première version de la pièce plusieurs années (1938) avant celle jouée par Gérard Philippe en 1945.
        
Il est toujours difficile de jouer un rôle mythique derrière un comédien réputé « génial, inoubliable et dans la mémoire collective ». Souvenez-vous, la vision de notre Gérard Philippe en Prince de Homburg éthéré se déplaçant comme dans un film au ralenti, rappelez-vous Jean Marais après être passé au travers du miroir de Orphée, lui aussi paraissait se déplacer différemment de notre espace temps , est-ce à cause de ces visions que nous avons au début de la pièce un Caligula hagard, marchant en trainant les pieds, parlant comme si il mâchonnait du carton ? Je cherchais désespérément un Caligula sincère dans son désarroi, sa souffrance. Bruno Putzulu, ici « faisait montrer »  et  « ne nous donnait pas à voir » l’errance désespérée et l’état second dans lequel se trouve Caligula au début de la pièce.  Je n’y croyais pas ! Il y avait un décalage avec les autres personnages qui eux, authentiques dans leur effarement, leur  stupéfaction et leur inquiétude face au futur tyran paraissaient en décalage ; comme s’il y avait deux scènes de jeux ! Une vraie, une fausse.

Mais quand Caligula  a dit : « Oui. Enfin ! Mais je ne suis pas fou et même je n’ai jamais aussi raisonnable. Simplement, je me suis senti tout d’un coup un besoin d’impossible. Les choses, telles qu’elles sont, ne me semblent pas satisfaisantes…………..Il est vrai. Mais je ne le savais pas auparavant. Maintenant je le sais. Ce monde tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde. »

Le comédien enfin, s’est jeté à corps perdu, habillé de son personnage et ne l’a plus quitté jusqu’à ses derniers mots. Il nous a donné à voir un prince odieux, manichéen, parfois lunaire, ivre de liberté et de pouvoir.

Deux scènes l’ont porté au Panthéon de l’art de nous faire trembler…
Celle où Cherea lui expose, au risque de sa vie, à quel point il le trouve haïssable « Parce qu’il n’y a rien d’aimable en toi, Caius. Parce que  ces choses ne se commandent pas.. Et aussi, parce  que je te comprends trop bien, et qu’on ne peut aimer celui de ses visages qu’on essaie de masquer en soi. » 

Cette scène avait pour lieu un trône juché sur une couche de matelas telle que la « Princesse au petit pois » Caligula avait exigé de Cherea qu’il s’assoit avec lui sur ce trône ubuesque. Cherea était figé, son discours concentré sur nous, le public. Caligula, lui, avait, malgré l’inconfort de la posture, trouvé une mobilité inquiétante. Cette vision, étrange, semblait nous prévenir de l’inéluctable.

Et puis, et puis est arrivée la scène d’amour et de mort entre Caligula et Caesonia. La fragilité, la douceur, le désespoir, la résignation, tout y est. Caesonia nous donne à voir son amour maternel, de femme, elle se donne une dernière fois pendant que Caligula avance avec acharnement vers le destin qu’il s’est choisi. L’actrice, Cécile Paoli qui joue le rôle avait pour elle une originalité, un physique hors norme, une fragilité et un abandon total qui m’a émue et touchée.
J’ai passé une soirée où j’ai reçu de la générosité de la part des comédiens, découvert une autre version du texte d’Albert Camus.

J’ai donné mes applaudissements sans mesure. Merci de m’avoir donné à voir et entendre cette pièce, pleinement !

Brigitte

 Prochaine date :

NANCY (51) Espace Poirel – mardi 28 février 2012 à 20h30
Renseignements : Tel. +33 (0)3 83 32 31 25 

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Mardi 27 décembre 2011
 … ça vous dit quelque chose ?
Sûrement… C’est devenu une sorte de mythe. Même si vous ne l’avez jamais vu (c’est un film de Bob Fosse de 1972), vous avez l’impression de déjà vu, déjà entendu.

Liza Minnelli ?... Gagné !
C’est aussi, et surtout, et d’abord, un spectacle musical créé par Joe Masteroff, John Kander et Fred Ebb, adapté du roman de Christopher Isherwood. La mise en scène actuelle est de Sam Mendes (oui oui, le réalisateur américain), la chorégraphie de Rob Marshall. Ce spectacle est avant tout une comédie musicale créée pour et à Broadway et qui a eu un succès monstre outre-Atlantique pendant des années.

Deux heures quarante de spectacle, avec entracte tout de même. C’est histoire d’aller aux toilettes, car on ne s’ennuie pas, le temps passe vite, super vite !

Bon, vous l’aurez compris, c’est bon, très bon, on a adoré. On n’a pas boudé notre plaisir. Voilà, c’est dit.
Ils chantent, ils dansent, ils jouent de la musique en live et ils jouent la comédie. Bref, que de talents réunis sur cette scène de Marigny. Ils jouent jusqu’au 8  janvier à Paris, et c’est plein évidemment. En plus, ils ont eu une pub d’enfer, puisqu’ils sont passés sur les chaînes radio et télés les plus en vues.
En province, ils partent en tournée à partir de janvier 2012, donc, profitez, ils ne passeront sûrement pas loin de vous. Les dates et lieux sont précisés en fin d’article.

Point d’éloges ni de détails d’esthètes ou d’experts, le spectacle cartonne et n’a pas besoin qu’on glose sur lui. Je passe donc sur l’appréciation et vous propose directement l’enjeu de cette histoire.

Car, en plus de divertir, ce spectacle a pour ambition claire, affichée et assumée, de passer un message. Un message politique. C’est suffisamment rare aujourd’hui pour être souligné.

Nous sommes en Allemagne, dans les années trente. Berlin est alors le centre du monde, en tout cas de l’Europe. C’est à la fois la crise et la liberté des mœurs. C’est donc la dépravation et la pauvreté. Bien sûr, cela fera le lit du nazisme qui pointe son nez…

Un écrivain américain, et fauché, Cliff Bradshaw, se rend à Berlin pour écrire évidemment. Il va rencontrer Sally Bowles (Claire Pérot, une pêche d'enfer !), une meneuse dans un cabaret, le Kit Kat Klub, où toutes les dépravations sont en vogues. Le sexe, l’alcool, la drogue, le tout mélangé… Cliff va rencontrer ces fameuses soirées berlinoises. On dirait les années folles en plus libérées, plus trash.
Ils vont tomber amoureux et… Cliff va rencontrer toute cette faune berlinoise des nuits bien sûr, mais des jours aussi. Il y a ceux qui s’amusent, s’enivrent, il y a les gens normaux qui se débrouillent comme ils peuvent, et il y a ceux qui complotent, travaillent de jour mais dans l’ombre : Les fourmis porteuses de la peste brune qui envahit le quotidien. A leur insu, ils participent à cette montée du nazisme.
Leur histoire va se dérouler en parallèle de l’Histoire en marche qui s’écrit au jour le jour. Dans les rapports humains et les petits gestes, dans les décisions de tous les instants, un puissant mouvement est en marche qui va les emporter, les bouleverser. Vers des heures sombres et douloureuses. La gueule de bois les attend. Je n’en dis pas plus…

Même si c’est un divertissement, il porte vraiment ce message de vigilance politique : « Attention, ça commence comme ça, l’air de rien ». Dans la crise et la légèreté. Ce divertissement n’est donc pas gratuitement provocateur ni voyeur ou exhibitionniste (Ce n’est tout de même pas pour les enfants, vous l’aurez compris je pense). Dans les scènes, on sent tout le temps quelque chose de grave en fond, même dans les délires qui se veulent les plus légers.

ALLEZ-Y !!!

Richard

Voici un extrait tiré d’une émission radio. Quelle interprétation ! Elle donne au moins autant envie que la bande annonce que vous trouverez partout sur internet grâce à votre moteur de recherche préféré.


Les dates :   ZENITH ARENA DE LILLE(LILLE) du vendredi 13 janvier 2012 à 20h00 au dimanche 15 janvier 2012 à 14h30
ZENITH DE DIJON (DIJON) du vendredi 20 janvier 2012 à 20h00 au dimanche 22 janvier 2012 à 14h30 ZENITH SUD MONTPELLIER (MONTPELLIER) du samedi 28 janvier 2012 à 15h00 au dimanche 29 janvier 2012 à 14h30
PALAIS NIKAIA (NICE) du samedi 4 février 2012 à 15h00 au dimanche 5 février 2012 à 14h30
 LE SUMMUM (GRENOBLE) du samedi 11 février 2012 à 15h00 au dimanche 12 février 2012 à 14h30 LE DOME DE MARSEILLE (MARSEILLE) du mercredi 15 février 2012 à 20h00 au jeudi 16 février 2012 à 20h00
ZENITH DE TOULOUSE (TOULOUSE) du vendredi 24 février 2012 à 20h00 au samedi 25 février 2012 à 20h00
RENNES du samedi 3 mars 2012 à 15h00 au dimanche 4 mars 2012 à 14h30
ZENITH DE NANTES METROPOLE (NANTES) du samedi 10 mars 2012 à 15h00 au dimanche 11 mars 2012 à 14h30
PATINOIRE MERIADECK BORDEAUX (BORDEAUX) du vendredi 16 mars 2012 à 20h00 au samedi 17 mars 2012 à 20h00 ZENITH DE CLERMONT FERRAND (COURNON D'AUVERGNE) du vendredi 23 mars 2012 à 20h00 au dimanche 25 mars 2012 à 14h30
HALLE TONY GARNIER (Lyon) du samedi 31 mars 2012 à 15h00 au dimanche 1 avril 2012 à 14h30
PARC DES EXPOS GRAND HALL TOURS (TOURS) du vendredi 6 avril 2012 à 20h00 au samedi 7 avril 2012 à 20h00
ZENITH DE ROUEN (LE GRAND QUEVILLY) du samedi 21 avril 2012 à 15h00 au dimanche 22 avril 2012 à 14h30

PALAIS OMNISPORTS LES ARENES (METZ) du samedi 28 avril 2012 à 15h00 au samedi 28 avril 2012 à 20h00
NANCY du vendredi 4 mai 2012 à 20h00 au samedi 5 mai 2012 à 20h00
ZENITH DE CAEN (CAEN) du samedi 12 mai 2012 à 15h00 au dimanche 13 mai 2012 à 14h30 ZENITH EUROPE DE STRASBOURG (Strasbourg cedex 2) du samedi 19 mai 2012 à 15h00 au samedi 19 mai 2012 à 20h00

 

Vendredi 25 novembre
Ou…
…une sortie théâtrale impromptue…
          

Ce vendredi 18 novembre, j’eus envie de sortir de mon quotidien. Alors quoi de mieux qu’une sortie au théâtre. J’avais rencontré sur le net une Compagnie que je ne connaissais pas : « La Piccola Familia ».

Un metteur en scène, Thomas Jolly, que je ne connaissais pas non plus :
« Être né en 1981, 1982, 1983, 1984, 1985. Et se choisir une famille. Par curiosité, par goût, “par affinités personnelles, électives, par choix, tendresse aussi, possible". Et se choisir une famille pour tisser notre métier, pour filer notre art. Filer. Avancer. Chercher ensemble, ne pas trouver. Chercher ensemble et trouver seul. Dans un petit coin. Et construire une identité et se dépatouiller de tout ce qu'on nous a appris. Faire le tri. Jeter les vieux manuels, recycler les matériaux. Travailler ensemble et puis se quitter un petit peu, se donner des nouvelles, aller voir ailleurs, s'envoyer une carte postale, mais toujours se savoir pas loin et accumuler un trésor au fil des rendez-vous de travail, un vocabulaire, et finir par se comprendre toujours plus vite et pouvoir aller plus loin et faire notre métier, comme ça, en exerçant notre art, en le cherchant, avec comme valises nos identités de presque 30 ans encore un peu en chantier, avec comme bagages nos presque 30 ans d'Histoire, partir à la recherche de notre théâtre et pas tout seul »

Thomas Jolly
             
            Voilà tout n’est pas dit, il ne suffit pas de s’émouvoir sur les propos d’un jeune comédien-metteur en scène dès l’âge de 22 ans  et capable à même pas trente ans d’avoir un palmarès de pièces telles que : Genet, Paravidino, Guitry, J.L Lagarce, Shakespeare ainsi qu’une formation solide acquise au théâtre national de Bretagne...
Bon je reprends mon petit périple de sortie, toute seule comme une grande, vers le théâtre des deux Rives. Évidemment je trouve le moyen d’être en retard, mais un peu de chance : une place de parking juste à cinq pas du théâtre. A la caisse on me fait remarquer que cela commence juste, je dis que je sais me tenir (rassurante et persuasive),  que je ne dérangerais ni les acteurs ni les spectateurs. Une ouvreuse m’accompagne jusqu’au lieu sacré. En haut des escaliers derrière la porte la pièce commence juste. Il fait nuit, trois ampoules éclairent Trivelin et La Fée. Je suis scotchée, je ne vois plus mes pieds et  distinguent  à peine les comédiens. Trivelin s’étonne et craint les caprices de Madame la Fée sa maîtresse. Celle-ci s’embourbe dans un amour pour un piteux imbécile. L’ouvreuse pendant ce temps me sert de protection afin de m’éviter de m’empêtrer dans les marches que je ne vois toujours pas. Soudain une main venue de je ne sais où  m’attrape  et m’entraîne vers le côté jardin de la scène. Je repense à l’exercice d’écoute et de confiance que l’on fait dans les ateliers : vous avez les yeux bandés, et vous vous déplacez avec l’aide d’un compère qui vous guide dans la pièce. Ouf !
                    
Me voilà assise et je  peux apprécier et me concentrer sur les comédiens, l’espace et la mise en scène de « Arlequin Poli par l’Amour » de notre illustre et malicieux Marivaux.
En fait j’ai lu cette pièce courte il y a une quinzaine d’années, mais ne m’en souviens guère.
                      
Elle commence comme toujours par l’amour et toute la pièce celle qui aime (la Fée) va courir après l’amour d’Arlequin qui ne l’aime pas mais qui va tomber en amour d’une bergère (Silvia)  poursuivie par les mauvais sorts de la Fée qui se fait aidée par un comparse (Trivelin) mais celui-ci finira par changer de camp à la fin de la pièce pour des raisons obscures de fidélité au magicien que l’on ne voit jamais.   
 
  La pièce est une sorte de brouillon écrit par Marivaux et l’histoire reste « simplette » !
          
Thomas Jolly  nous entraine dans un monde féérique, on y entre comme dans « Beautiful  Nightmares » de Nicoletta Ceccoli. On est saisi par un monde mi-cirque, mi- théâtre. Les ampoules finissent par s’allumer toutes, la scène change de couleur  selon les moments cruels, romantiques, poétiques, bucoliques… et même jazzy.
                         
Des comédiens qui jouent, qui chantent, qui dansent et qui pensent autrement l’univers 17ème de Marivaux.  Arlequin poli par l’amour est-il une arlequinade ou est-ce une féérie ? Il semble que Marivaux était passionné par la littérature Anglaise. On pourrait comparer Arlequin au personnage de Bottom dans « le Songe d’une nuit d’été » et La Fée ressemblerait à Tatiana du même « Songe ». Arlequin est un gros bêta, un enfant mal dégrossi, il se déniaise en tombant amoureux  de Sylvia.
                     
Marivaux écrit, badine avec ses personnages : nous déambulons dans les salons et tout paraît si léger même si l’on met trois actes pour finir par se dire que l’on s’aime. Avant, on se cherche, on se met à l’épreuve, on fait du marivaudage….
Thomas Jolly lui relit la pièce et la réécrit.  Dans ce décor de cabaret, d’illusion, éclairé par des ampoules quasi magiques, il nous entraine et nous surprend. L’amour a bien fait basculer Arlequin de l’enfance à l’âge adulte. Mais Sylvia  reste seule sur le bord du chemin de la vie.

Lui choisit de partir, sans regarder derrière lui,  vers un pays plus sombre dont il sera probablement le tyran. Le rideau blanc qui symbolisait l’innocence, tombe alors nous laissant le cœur un peu serré.
          
Le jeu des comédiens avait un parti pris, ils étiraient, articulaient leur texte, on aurait souhaité davantage de rythme même si les intentions étaient claires. Il y avait un Arlequin limpide d’innocence, une Fée très méchante comme dans les contes, quant à Silvia touchante de générosité, elle nous a enchantés par son élan amoureux dans la fameuse scène (scène IX) où Thomas Jolly, à l'instar de Marivaux, nous offre une déclaration d’amour avec« un vrai  baiser de cinéma » qui dure encore et encore…..
             
Alors pourquoi cet après midi là, la salle pleine de scolaires (j’avais à côté de moi un professeur, qui me paraissait s’ennuyer à mourir), après un si joli moment de théâtre avec des acteurs jeunes et généreux, a applaudi petitement, peureusement, avec mesure ? Le public, jeune, était devenu vieux et dormait un peu debout. J’ai eu pitié des comédiens, j’aurais voulu leur dire : c’était bien, ne vous occupez pas de ce public imbécile, moi j’ai passé un très joli moment ! Bravo !!
 
Brigitte

Mercredi 9 novembre

Hangar 23, 20h10, Ostermeier et Hedda Gabler de Henrik Ibsen dans 20 minutes, donc je rentre un peu vite sur le parking, c’est vrai, mais bon, on est à la bourre quoi… ça n’excuse rien, « Monsieur, on ne roule pas aussi vite sur un parking… ». Bon, on se gare là alors ? « Oui !»
De toute façon, ce n’est pas placé, donc trop tard pour trop tard, autant prendre le temps maintenant…
Effectivement on se retrouve plutôt en haut. Pas top, surtout pour les sur-titrages. Ostermeier, c’est évidemment sur-titré en français, car en allemand sur scène ! Finalement, ce n’est pas le problème. On les voit nickel les surtitres. Les comédiens, un peu moins nettement, mais cela reste acceptable. Les spectateurs devant ne gênent pas, la pente est suffisante.

Alors, on y est. Ostermeier, on a déjà vu, mais à la télé. Là, c’est en vrai, et un petit frisson me parcourt à cette idée. Je me souviens de Une maison de poupée, et de Hamlet il y a trois ans en Avignon. Des mises en scènes tendues, originales, et qui bousculent. J’aime. J’adore.
Donc, ce soir, grosse attente. J’espère que le bourgeois va se faire secoué… Entre autre, celui que je porte en moi… On a tous un bourgeois qui sommeille en nous.

Première impression au début : belle scène avec un concept original de plateau tournant (souvent) très grand et constitué de deux aires de jeu séparées par un mur. En gros, il y a la cuisine sur le petit côté et le salon de l’autre avec une vue sur un début de jardin. Comme ça tourne, soit on est dans le salon intérieur, soir dans la cuisine, soit on voit dans le salon, mais de l’extérieur, du jardin (à ne pas confondre avec les côtés cours et jardin… de toute façon, avec une scène comme ça, ça n’a plus de sens… ça va, vous suivez ?). Et, idée sympa, et belle surtout, et moderne surtout, on voit la pluie sur les vitres. Ouaaaaahhh…. Quel génie ! N’exagérons rien, l’idée est fine : l’eau coule entre deux vitres. C’est une sorte de double vitrage bricolé. Malin l’Ostermeier. En tout cas, c’est classe, ça a de la gueule. Jusque là, on en a pour son argent. Jusque là…

Vous avez compris ? Je vous mets tout de même le point sur le i et la barre sur le T : en effet, on s’endort un peu lors de la mise en place de la pièce. C’est l’exposition (cf. l’articleLire et imaginer… facile à dire… mais comment faites-vous ?). Pour moi, ce fut l’endormissement. Je me dis alors : « tiens, je ne me rappelais pas qu’Ibsen était si bavard… ». Il l’est sans doute, mais, quand je repense à la maison de poupée, il y avait une vraie tension. C’est du Ibsen aussi, avec Ostermeier aux commandes déjà ! Je ne me rappelle plus l’année, mais c’était bon. Tendu, comme je disais déjà plus haut. Là, c’est tout mou. Pas tendu pour un sou. Ou c’est moi qui suis mou, la semaine fatigante peut-être. Ceci dit, je regarde mes voisins, (mauvais signe ça déjà…) et je ne les trouve pas plus tendus que ça. Grand bien leur fasse…

Alors, on attend. On est poli quoi. Le bon bourgeois. Et c’est sympathique, mais enfin, pas de quoi réveiller votre serviteur, tout juste l’intéresser, et encore… on dira que je suis difficile, sans doute. Mais bon, je ne suis pas critique de théâtre. Je suis captivé, intéressé, ou … endormi. Voilà mes jauges. Un peu radical comme position peut-être, mais enfin, elle a le mérite d’être sans effort. C’est très facile à évaluer, ça ne demande pas des années à sciences po pour disséquer la diction, mesurer les distances et les écarts entre les intentions puissantes de l’auteur et les volontés de grandeur du metteur en scène. Je mesure mon pauvre état. Très facile. Trop, je sais.

Donc, nous étions à endormi. Léger. L’œil aux aguets, celui qui se laisse une chance d’être surpris par un coup de théâtre, et surtout ne voudrait rien rater (à ce prix là…) d’une fumante surprise de mise en scène. Anne, ma sœur Anne, tu ne verras rien venir.
Lors du développement, même chose. Même rythme de croisière. Les comédiens sont bons, très justes et précis. Je les embauche demain ou je joue avec eux si on me le propose. Des Rolls. Ils ne sauveront pas l’affaire.

A l’approche du dénouement, ça s’excite un peu, l’enjeu monte, la mise en scène tourne. Même s’il n’y a plus de surprise vraiment, les enchères augmentent, on se réveille avec l’espoir d’un final qui pulse. C’est le meilleur moment de la soirée en effet, je suis attentif, intéressé. Les deux yeux ouverts. C’est bien écrit, et les comédiens sont toujours bons. Ouf. Il faut vraiment être mauvais pour gâcher une pièce avec ces deux atouts de taille. Ostermeier n’en est pas là, Dieu merci. Seulement, il n’est pas non plus à son meilleur.

Conclusion : la pièce est bien rendue, intelligible, intelligente, pertinente et juste. Les comédiens le sont aussi c’est évident. Esthétiquement, c’est beau. Mais où est la folie d’Ibsen et de ses personnages ? Je ne l’aie pas ressentie. Ai-je eu le cœur battant ? Une émotion ? En fait non. Dommage.

La mise en scène n’ajoute rien. Ni en terme de point de vue, ni en terme de mise en espace révélatrice, ni même seulement en se contentant d’être un écrin discret pour soutenir et valoriser l’écriture d’Ibsen. On ne peut pas dire non plus qu’elle l’amoindrit vraiment. Elle me donne l’impression d’une mise en scène bobo, bien dans notre époque. Intello sans excès. Fade. Bref, mon cerveau, après s’être un peu endormi, s’est intéressé, puis, un peu rendormi, puis intéressé. Ostermeier parle à ma tête, mais pas trop aux viscères. Vous me direz, c’est déjà pas mal. Sans doute, sauf qu’il m’avait habitué à mieux.



C'est beau, non ?
Hedda Gabler de Henrik Ibsen, mise en scène par Thomas Ostermeier. Durée 2h00. Du 14 au 25 novembre 2012 au théâtre des Gémeaux, Sceaux (92).

L'histoire

Hedda Gabler vient de se marier. Elle est Mme Tesman maintenant. Son mari est "spécialiste de l'industrie domestique dans le brabant médiéval". Elle est aussi la fille d'un général qui lui aura laissé des pistolets, seuls jouets qui l'amusent. Hedda n'a pas la vie qu'elle souhaite vraiment. Sait-elle ce qu'elle veut exactement ? Se l'avoue-t-elle ? Lorsque son ancien amant reparait, Lovborg, concurrent professionnel de son mari, la vraie Hedda va se dévoiler, le drame et la destruction vont éclipser l'ennui dans lequel elle s'était réfugiée...

Richard 
 

3 commentaires:

  1. Ah bon. Je prévoyais de m'acheter une place pour Nicomède et Suréna (le diptyque, tant qu'à faire) lors de leur passage aux Célestins, eh bien je crois que je vais y réfléchir, finalement.

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    1. Bonsoir Minyu,

      je ne voudrais pas vous en empêcher, après tout, Corneille n'est pas beaucoup joué. Et ce travail est très soigné. Avez-vous regardé l'extrait vidéo ? Je crois qu'il donne une bonne idée du jeu, pas toujours très "ressenti". L'énergie est là, forte, et projetée. C'est sûr, on entend les mots, mais le texte, les émotions moins par moments... voire pas du tout.
      Si je m'en tiens à mon ressenti subjectif, l'idée d'aller voir le diptyque ne m'enchante guère...

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    2. Je viens de regarder la vidéo. A présent, votre critique prend vraiment tout son sens et, je dois bien l'avouer, je suis entièrement d'accord avec vous. Je crois que je m'ennuierais un peu si j'y allais...

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