Transmettre et Recevoir



                J'ai le désir de transmettre, de donner l'envie, de faire découvrir, de communiquer mon enthousiasme pour le travail de comédien. J'ai découvert cette envie de jouer, de créer, de faire, enfin disons-le, du théâtre au lycée puis un peu plus tard dans des cours !!


                 J'ai eu la chance de travailler avec des acteurs, metteurs en scène avec des visions et des talents, de la générosité. Ils m'ont portée, secouée,  j'ai découvert  la mise en danger sur une scène ! Cela ne suffit pas en soi d'être dans l'acte, il m'était nécessaire de voir et de me nourrir de spectacles.


                 Le premier spectacle qui me revient, là tout de suite, et qui me reste dans la mémoire, c'est Henri IV de Luigi Pirandello au théâtre de Bordeaux en 1989. Celui qui jouait le rôle était Laurent Terzieff. Après toutes ces années, j'ai oublié les autres comédiens, mais Monsieur Terzieff m'apparaît encore clairement dans son rôle : étrange, fragile dans sa folie : à lui tout seul il occupait toute la scène !!


                  Je me souviens d'une pièce sur laquelle je suis tombée par hasard à la bibliothèque dans la collection des avant-scène : "Une bête sur la lune" de Richard Kalinoski. Je la lis et je la dévore...et je la relis. Pourrais-je un jour la voir jouer sachant que lorsque cela a déjà paru dans un avant scène, il y a peu de chance pour que la pièce ne soit encore à l'affiche ? Miracle quelques semaines plus tard la pièce mise en scène par Irina Brook passe sur Arte à la télévision. On ne peut remplacer l'émotion d'être dans une salle tout près des comédiens certes, mais j'ai vécu ici encore un grand moment de théâtre. Quand le rideau est tombé je pleurais. Je ne souhaite pas cultiver le pathos, mais, le théâtre pour moi existe quand on reçoit des émotions des comédiens, du metteur en scène, du texte.


                   Ma passion passe par le voir, le ressentir, mais aussi le poids des mots. D'où la nécessité de lire, découvrir de nouveaux textes. J'aurais envie de vous citer Victor Hugo qui a écrit : William Shakespeare Dans le passage "Il y a des hommes océans" :

"Ce Tout dans Un, cet inattendu dans l'immuable, ce vaste prodige de la monotonie inépuisablement variée, ce niveau après ce bouleversement, ces enfers et ces paradis de l'immensité éternellement émue, cet insondable, tout cela peut être dans un esprit, et alors cet esprit s'appelle génie, et vous avez Eschyle, vous avez Isaïe, vous avez Juvénal, vous avez Dante, vous avez Michel-Ange, vous avez Shakespeare, et c'est la même chose de regarder ces âmes ou de regarder l'océan"

(voir le texte entier "Il y a des hommes océans" dans l'onglet Belles Paroles)


Brigitte Sublon